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Le temps au jardin

Le temps au jardin

    1. Constat

Dans le jardin, au-delà des saisons, le temps joue son rôle. Il est difficile à cerner, car peut être trop lent pour nos yeux. Mais à mon sens, c’est une tout autre chose qui nous empêche de le cerner. Et pour cause, l’envie de l’homme de posséder tout immédiatement et de céder à ces moindres caprices fait que, lorsqu’il faut comprendre l’effet du temps sur un lieux ou objet, nous ne comprenons pas. Le fait est qu’actuellement nous ne comprenons pas le rôle de la Vie dans le temps, et on consommons trop rapidement le temps qu’il nous reste. Mais quel est donc le rapport avec le jardin ?

Le fait est,  que le temps dans le jardin résulte du vœu que l’homme souhaite arrêter le temps, pour arrêter de vieillir et de fait, son jardin reste figé dans le temps ! Déposséder d’évolution, le jardin se meurt à petit feu. La Vie se meurt à petit feu. Et par découlement l’Homme se meurt à petit feu.

Le jardin ne doit pas être une prison, un lieu figé, pour le temps, mais un lieu de ressourcement pour l’Homme rapide et consumériste. Les réponses de la Nature étant perçu trop lente pour répondre aux attaques dans un milieu, l’homme se voit obligé d’entreprendre avec sa science de « soigner » le milieu, or les réponses du milieux se font avec le temps. L’homme doit réapprendre à patienter et à observer, pour comprendre. La non-connaissance apporte la peur, et affecte notre jugement, et par découlement nous ripostons par nos agents chimiques, croyant que notre réponse soignera le milieu attaqué. C’est égocentrique de penser que l’Homme est capable de soigner tous les maux du monde. Patience et observation sont de rigueur pour comprendre la Vie.

Le rôle du jardinier-paysagiste (JP) est d’observer et d’accompagner le jardin dans le temps, de voir grandir les végétaux et de ne surtout pas les maintenir à leur taille au moment de la plantation, ou création du jardin. La Vie, nous jardinier-paysagiste, jouons, intervenons directement sur cette première et si celui-ci ne comprend pas le monde qui l’entoure, la Vie se trouve stoppé, freiné. Le but de l’entretien n’est pas de maintenir mais d’accompagner.

evolution jardin dans le temps

Maintenant, j’aimerai aller encore plus loin dans le raisonnement, pour vraiment apporter une réflexion sur le rapport au temps.

La graine représente la vie, la création représente le moment où cela à été planté, puis elle germe. Le jardin ne devient mature qu’au bout de 10-15 ans, voir 3-4 ans en fonction de l’aménagement fait, et des végétaux plantés. On nous apprend que c’est la création de jardin qui fait la fierté de notre métier, or la création représente 5 % du temps que représente le jardin. 10 % pour la recherche du projet et l’avant projet, réalisation de plan, et planning … donc il reste bien 85 % du temps qui va être consacré à l’entretien, et à accompagné la création dans le temps. Changeons notre point de vue sur l’entretien de jardin, qui est vraiment la partie la plus complexe de notre métier. (en fonction des aménagements)

En aucun cas, l’entretien de jardin, se doit d’être réduit à maintenir le jardin à l’état de création.

    1. Evolution de la végétation dans le temps

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  • Il est essentiel de comprendre comment fonctionne la Nature dans le temps.
  • Quels sont les différentes étapes qui se mettent en place ?
  • Pourquoi il existe toujours très peu d’ensemble (espace) vide naturel ?
  • Quels sont les éléments essentiels à la « première installation » des plantes ?

Les différentes strates :

Créer des ensembles vides (minéral / gazon) nécessite un entretien constant pour rompre l’installation des herbes pour le premier ensemble et des arbustes pour le second ensemble.

Les graines vont germer dans ces ensembles vides, et créer des ensembles équilibrés par la dégradation des nouveaux éléments germés, et ainsi créer de l’humus pour permettre l’implantation de nouvelles espèces végétales tels que des arbres arbustes.

La dégradation des herbes, petits arbustes s’effectue dans une échelle de temps court (6 mois à 1 ans). Car les caducs (végétaux perdant leurs feuilles d’une année sur l’autre) sont plus « mou » et sont ainsi dégradés lors de leur chute au sol ; grâce à notre faune du sol qui mangent et digèrent ce type de bois pauvre en lignine (comparé aux végétaux persistant) cela créer donc le cycle de dégradation de la Matière organique.

Le Sol Partie 1

On voit donc plusieurs strates se créer naturellement :

  1. Strate rocheuse
  2. Strate herbacée
  3. Strate arbustive
  4. Strate arborée

C’est donc avec ces différentes strates qu’il faut jouer dans les jardins.

Il existe donc très peu d’espaces vides en pleine nature, sauf catastrophes naturelles. La Nature tend à couvrir tous les milieux. Les plantes, entre elles, développent des techniques pour vivre et survivre dans les milieux ouvert : c’est une lutte entre chaque espèce végétal et sont sans pitié pour assurer leur survie.

Extrait de la Vie secrète des arbres de Peter Wollenberg :

« Si le système [forêt] ne s’effondre pas, cela tient uniquement au jeu de mécanisme qui limitent les excès. Le groupe [végétaux] qui est trop avide, qui prend trop sans offrir en contre partie, se condamne à l’extinction par destruction de ses moyens d’existence »

La forêt-Jardin, lieu de l’équilibre :

Une forêt-jardin, est donc l’ensemble qui est présenter comme le plus équilibré. Où les végétaux s’auto-régularisent entre eux.

Définition d’une forêt-Jardin :

« Une forêt jardin est un jardin créé selon le modèle de la forêt naturelle. Elle est composée de différents étages de végétation, appelé strates, avec des grands arbres, arbustes ou arbrisseaux, de buissons et de plantes herbacées.

C’est un système auto-suffisant, durable et varié. Il nécessite peu de travail et présente des bénéfices environnementaux et sociétales. »

Les éléments essentiels :

Trois éléments sont primordiaux à la survie de ce jardin :

  • Lumière
  • Eau
  • Humus

Les grands arbres vont stabilisés ces trois éléments. Ils vont utilisés 97% de la lumière du soleil pour leurs propres intérêts. Pomper et retenir l’eau. Créer de l’humus grâce à leur bois mort, feuilles mortes. Et cela est seulement possible grâce à une vie dans le sol (champignons / bactéries / faune épigée – anécique – endogée).

Le Sol partie 2