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Le temps au jardin

Le temps au jardin

    1. Constat

Dans le jardin, au-delà des saisons, le temps joue son rôle. Il est difficile à cerner, car peut être trop lent pour nos yeux. Mais à mon sens, c’est une tout autre chose qui nous empêche de le cerner. Et pour cause, l’envie de l’homme de posséder tout immédiatement et de céder à ces moindres caprices fait que, lorsqu’il faut comprendre l’effet du temps sur un lieux ou objet, nous ne comprenons pas. Le fait est qu’actuellement nous ne comprenons pas le rôle de la Vie dans le temps, et on consommons trop rapidement le temps qu’il nous reste. Mais quel est donc le rapport avec le jardin ?

Le fait est,  que le temps dans le jardin résulte du vœu que l’homme souhaite arrêter le temps, pour arrêter de vieillir et de fait, son jardin reste figé dans le temps ! Déposséder d’évolution, le jardin se meurt à petit feu. La Vie se meurt à petit feu. Et par découlement l’Homme se meurt à petit feu.

Le jardin ne doit pas être une prison, un lieu figé, pour le temps, mais un lieu de ressourcement pour l’Homme rapide et consumériste. Les réponses de la Nature étant perçu trop lente pour répondre aux attaques dans un milieu, l’homme se voit obligé d’entreprendre avec sa science de « soigner » le milieu, or les réponses du milieux se font avec le temps. L’homme doit réapprendre à patienter et à observer, pour comprendre. La non-connaissance apporte la peur, et affecte notre jugement, et par découlement nous ripostons par nos agents chimiques, croyant que notre réponse soignera le milieu attaqué. C’est égocentrique de penser que l’Homme est capable de soigner tous les maux du monde. Patience et observation sont de rigueur pour comprendre la Vie.

Le rôle du jardinier-paysagiste (JP) est d’observer et d’accompagner le jardin dans le temps, de voir grandir les végétaux et de ne surtout pas les maintenir à leur taille au moment de la plantation, ou création du jardin. La Vie, nous jardinier-paysagiste, jouons, intervenons directement sur cette première et si celui-ci ne comprend pas le monde qui l’entoure, la Vie se trouve stoppé, freiné. Le but de l’entretien n’est pas de maintenir mais d’accompagner.

evolution jardin dans le temps

Maintenant, j’aimerai aller encore plus loin dans le raisonnement, pour vraiment apporter une réflexion sur le rapport au temps.

La graine représente la vie, la création représente le moment où cela à été planté, puis elle germe. Le jardin ne devient mature qu’au bout de 10-15 ans, voir 3-4 ans en fonction de l’aménagement fait, et des végétaux plantés. On nous apprend que c’est la création de jardin qui fait la fierté de notre métier, or la création représente 5 % du temps que représente le jardin. 10 % pour la recherche du projet et l’avant projet, réalisation de plan, et planning … donc il reste bien 85 % du temps qui va être consacré à l’entretien, et à accompagné la création dans le temps. Changeons notre point de vue sur l’entretien de jardin, qui est vraiment la partie la plus complexe de notre métier. (en fonction des aménagements)

En aucun cas, l’entretien de jardin, se doit d’être réduit à maintenir le jardin à l’état de création.

    1. Evolution de la végétation dans le temps

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  • Il est essentiel de comprendre comment fonctionne la Nature dans le temps.
  • Quels sont les différentes étapes qui se mettent en place ?
  • Pourquoi il existe toujours très peu d’ensemble (espace) vide naturel ?
  • Quels sont les éléments essentiels à la « première installation » des plantes ?

Les différentes strates :

Créer des ensembles vides (minéral / gazon) nécessite un entretien constant pour rompre l’installation des herbes pour le premier ensemble et des arbustes pour le second ensemble.

Les graines vont germer dans ces ensembles vides, et créer des ensembles équilibrés par la dégradation des nouveaux éléments germés, et ainsi créer de l’humus pour permettre l’implantation de nouvelles espèces végétales tels que des arbres arbustes.

La dégradation des herbes, petits arbustes s’effectue dans une échelle de temps court (6 mois à 1 ans). Car les caducs (végétaux perdant leurs feuilles d’une année sur l’autre) sont plus « mou » et sont ainsi dégradés lors de leur chute au sol ; grâce à notre faune du sol qui mangent et digèrent ce type de bois pauvre en lignine (comparé aux végétaux persistant) cela créer donc le cycle de dégradation de la Matière organique.

Le Sol Partie 1

On voit donc plusieurs strates se créer naturellement :

  1. Strate rocheuse
  2. Strate herbacée
  3. Strate arbustive
  4. Strate arborée

C’est donc avec ces différentes strates qu’il faut jouer dans les jardins.

Il existe donc très peu d’espaces vides en pleine nature, sauf catastrophes naturelles. La Nature tend à couvrir tous les milieux. Les plantes, entre elles, développent des techniques pour vivre et survivre dans les milieux ouvert : c’est une lutte entre chaque espèce végétal et sont sans pitié pour assurer leur survie.

Extrait de la Vie secrète des arbres de Peter Wollenberg :

« Si le système [forêt] ne s’effondre pas, cela tient uniquement au jeu de mécanisme qui limitent les excès. Le groupe [végétaux] qui est trop avide, qui prend trop sans offrir en contre partie, se condamne à l’extinction par destruction de ses moyens d’existence »

La forêt-Jardin, lieu de l’équilibre :

Une forêt-jardin, est donc l’ensemble qui est présenter comme le plus équilibré. Où les végétaux s’auto-régularisent entre eux.

Définition d’une forêt-Jardin :

« Une forêt jardin est un jardin créé selon le modèle de la forêt naturelle. Elle est composée de différents étages de végétation, appelé strates, avec des grands arbres, arbustes ou arbrisseaux, de buissons et de plantes herbacées.

C’est un système auto-suffisant, durable et varié. Il nécessite peu de travail et présente des bénéfices environnementaux et sociétales. »

Les éléments essentiels :

Trois éléments sont primordiaux à la survie de ce jardin :

  • Lumière
  • Eau
  • Humus

Les grands arbres vont stabilisés ces trois éléments. Ils vont utilisés 97% de la lumière du soleil pour leurs propres intérêts. Pomper et retenir l’eau. Créer de l’humus grâce à leur bois mort, feuilles mortes. Et cela est seulement possible grâce à une vie dans le sol (champignons / bactéries / faune épigée – anécique – endogée).

Le Sol partie 2

Alternative face au Jardin Figé

Recréer un écosystème dans chaque jardin.

Créer des habitats, des niches écologiques où il faut peu de travail et où les animaux viendront s’y loger !

Laissez environ 1/10 de la surface du jardin à l’état « sauvage ». Ainsi les fleurs sauvages parviendront à fleurir, les abeilles reviendront, bourdons, et papillons, reviendront rechercher du pollen et du nectar.

Gilles Clément l’initie : l’Homme Symbiotique. (lien ci-contre)

La vie invente dans le volume clos de la biosphère !

Le Tiers Paysage ne parle que des ponts biologiques qu’il faudrait faire pour sauvegarder la Nature. En allant plus loin, faisons des nouveaux jardin, ces ponts biologiques, les nouveaux lieux de vie et non comme des jardins figés actuels.

Le jardin ne serait plus, comme par le passé une exposition des richesses des propriétaires, mais la richesse d’une biodiversité perdu dans le jardin. Une richesse du propriétaire pour la Nature et non plus pour impressionner les voisins.

Laissons, un coin sauvage grouillant de vie dans nos jardins. Nos jardins sont un point d’interventions clefs dans la sauvegarde de biodiversité. Un simple tas de bois, une petite mare ou encore un parterre de fleurs mellifères sont déjà des contributions non négligeables dans la restauration des équilibres écologiques. Plantons des digitales, orties, bouillon blanc, des géraniums. Un tas de pierre à l’abandon regorge souvent plus de vie qu’un gazon tondu ras !

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LESS IS MORE, utilisé dans le domaine de l’architecture, pour aller à l’essentiel et ne pas avoir de finitions coûteuses, voilà vers quoi le jardin doit maintenant se tourner !

Moins on en ferra dans le jardin, plus on y verra une flore et faune spontanée, qui émerveillera les petits comme les plus grands.

Nouveaux termes à connaître :

Le terme Symbiose* est le terme central des nouveaux jardins !

[ définition symbiose : Association étroite de deux ou plusieurs organismes différents, mutuellement bénéfique, voire indispensable à leur survie. (La symbiose est fréquente entre les micro-organismes [symbiotes] et des plantes ou des animaux.) ]

Le terme Connexion est le terme qui relie tous les types de jardins (nourricier et forestier)

C’est donc sur ces deux termes que nous devons travailler.

Ce type de jardin, et de mode de pensée, et en pleine essors, dans la pensée commune, la prise de conscience est arrivée. Il est donc important d’avoir des réflexions sur les nouveaux jardins à tenir.

« Tout le monde a accès à la Terre, c’est un savoir commun à tous les humains de savoir comment celle-ci fonctionne et comment l’utiliser en la respectant. Voyez le monde végétal d’un œil nouveau. »

Alternative face au Jardin Figé

Comprendre le monde qui nous entoure :

La connaissance de son sol, de son climat, de sa topographie est essentiel pour la culture de son sol. Dans le domaine du paysage, il faut que dans tout jardin soit redonner l’essence de la Nature avec des variétés locales, où la faune y est spécialisée sans insectes ravageur ou de maladie.

Il faut ré-équilibrer les systèmes ; alors il s’auto gérera ; sans l’aide de personne.

Selon le manifeste du Tiers Paysage de Gilles clément, il faut créer des ponts de friche dans les jardin. Des corridors écologique, augmenter les zones d’échanges, en recréant différents zones écologique.

Point définition : tiré du « Manifeste du Tiers Paysage » Gilles Clément

Réserve: les espaces primaires et les délaissés qui apparaissent de façon massive sur le territoire, du type friche industrielle, terrain abandonné, se développant par la suite vers une forêt.

Corridor écologique : forme de réserve mais souvent sous la forme linéaire, du type haies, bordures de champs, bordures de routes.

Les limites : ce sont les inter-phases entre les différents milieux, cela constituent en soi des épaisseurs biologiques. Leur richesses est souvent supérieure à celle des milieux qu’elles séparent.

Refuge : pour la diversité, par la somme des délaissées, friches et ensembles primaires.

Délaissé : procède à l’abandon d’un ancien terrain, territoire, qui autrefois était exploité.

ensembles primaire - délaissé - gérés

Les différents ensembles

tiré du « Manifeste du Tiers Paysage » Gilles Clément.

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Réserve – Corridors écologiques –

tiré du « Manifeste du Tiers Paysage » Gilles Clément.

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Les différentes limites

tiré du « Manifeste du Tiers Paysage » Gilles Clément.

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Ainsi, les jardins prennent une toute autre tournure :

  • Corridor écologique
  • utilisation de plantes locales
  • création espace vide / espace plein
  • vie du sol (BRF / Compost)
  • Potager / Fruitier

Recréer un écosystème dans chaque jardin.

Créer des habitats, des niches écologiques où il faut peu de travail et où les animaux viendront s’y loger !

« Laissez environ 1/10 de la surface du jardin à l’état « sauvage ». Ainsi les fleurs sauvages parviendront à fleurir, les abeilles reviendront, bourdons, et papillons, reviendront rechercher du pollen et du nectar. »

 

De la couleur au Jardin

La couleur est un outil puissant pour le paysagiste, qui agit sur nos sens et influence notre réaction à l’environnement général. Elle développe une ambiance.

Les tons chauds et vifs, qui semblent tout proches, donnent une impression de vivacité. Tandis que les couleurs froides rendent le jardin calme et spacieux.

Le rôle du paysagiste est donc de jouer avec les couleurs dans un jardin, tout en respectant les demandes du client.

Cercle chromatique :

Il révèle les plus belles harmonies. Il est essentiel de travailler sur les harmonies et les contrastes pour aboutir à un spectacle séduisant. Jouer également avec les points d’appel, et les sens, pour notamment créer un jardin de ballade.

Plusieurs combinaisons possibles :

 

• Les couleurs opposées

Elles sont complémentaires, leur vif contraste les fait vibrer mais peut fatiguer l’œil

Il faut éviter d’en abuser.

• Les couleurs proches

Elles représentent l’harmonie. Elles sont agréable à l’œil et donnent une impression d’ordre. Choisir une couleur dominante ainsi les autres la mettront en valeur.

L’effet recherché au jardin est de réchauffer l’esprit ou de le refroidir.

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Ici, les couleurs proches de tons chauds, apportent un sentiment de vivacité dans le jardin.

 

• Les triades colorées

Sélectionner 3 couleurs réparties en 3 points équidistants sur le cercle chromatique. Le résultat en serait plus qu’équilibré et plein de vie !

 

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La triade de couleur, quelque touches de couleur pour rehausser un massif d’arbuste.

 

Les effets de Couleurs :

⁃ Le Rouge sur le Vert, les couleurs vibrent

⁃ Le vert sur du rouge, la végétation ressort moins, moins distinct

La couleur attire le regard sur un objet ou lieu.

Plus le contraste est marqué, plus l’effet est visible.

Les couleurs froides, comme le bleu et le vert font naître une illusion de distance, à contrario du rouge et orange qui réduise la profondeur du fait de l’impact sur le visuel.

 

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Ici, l’érable du Japon commence à arborer ces couleurs hivernales, créer un point d’appel dans le jardin, et donne de la perceptive.  Cela donne l’envie d’aller s’y promener !

 

Créer des points forts :

Je vais donner un exemple. On peut obtenir un très bel effet en combinant des gris, bleu et vert. On peut apaiser un espace ombragé avec des blancs et du jaune lumineux qui vont éclairer l’espace, mettre du rouge et bordeaux dans des coins ombragés / sombres ne serait pas judicieux.

Le noir et le blanc sont des couleurs hors du cercle chromatique. Pourtant on les retrouve dans le jardin, en couleur de base, apporté maintenant grâce au jardin minéral.
Ainsi, il rehausse les différents tons des végétaux, soit il souligne les tons chauds et or de certains végétaux, soit il permette d’aller dans la continuité des floraison des végétaux.

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Ainsi, n’hésiter plus à jouer avec les couleurs au jardin !

 

 

Symbiose mycorhizienne et Arbres 

Définition symbiose : (Larousse)

Association étroite de deux ou plusieurs organismes différents, mutuellement bénéfique, voire indispensable à leur survie. (La symbiose est fréquente entre les micro-organismes [symbiotes] et des plantes ou des animaux.)

Comment cela fonctionne ? :

Plusieurs chercheurs ont mis en évidence la symbiose entre les racines des arbres et des champignons, sans les champignons, les arbres âgés viendraient à mourir, du fait, du manque de poils absorbant aux extrémités de leur racines, et permettant ainsi de parcourir plus le distances, pour trouver de la nourriture. C’est cela qu’on appelle mycorhize.

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A gauche, une plante sans mycorhizes / A droite, une plante avec des mycorhizes

Le mycorhize ne permet pas seulement l’échange de substances entre arbres et le champignon, il relie aussi les racines d’arbres différents par un réseau de filaments. Le Wood Wide Web , c’est le nom donné à ce réseau. Il tisse des liens avec des végétaux d’espèces variées dans la forêt. Ce n’est pas seulement des informations qui sont communiquées, mais également du matériel génétique.

Les champignons rendent les plantes plus fortes.

Retrouver ici, le lien vers l’article Le Sol Partie 1 et Le Sol partie 2 .

Hors, selon une étude menée par l’équipe de Martin Bidartando de l’Imperial College de Londres, indique que les symbioses mycorhiziennes seraient vulnérables à la pollution des sols comme celle de l’air. Du fait, de la symbiose, les arbres sont également touchés. Ce qui pourrait expliquer la tendance alarmante à la malnutrition observée chez les arbres des villes.

Compte rendu d’un entretien avec Martin Bidartando de l’Imperial College de Londres :

(tiré de [https://actualite.housseniawriting.com/science/environnement-ecologie/2018/06/07/la-pollution-penalise-un-champignon-qui-alimente-les-arbres-europeens/26941/])

« L’étude, publiée dans Nature, a examiné 40 000 racines provenant de 13 000 échantillons de sol sur 137 sites forestiers dans 20 pays européens. Cela a permis aux auteurs de découvrir des tendances à grande échelle dans les communautés mycorhiziennes, y compris leur tolérance à la pollution. Le Dr Martin Bidartondo, chercheur principal du Département des sciences de la vie d’Imperial et Kew Gardens, a déclaré : Il existe une tendance alarmante de la malnutrition des arbres en Europe, qui rend les forêts vulnérables aux ravageurs, aux maladies et aux changements climatiques. Nous tentons de déchiffrer ce qui se passe dans le sol. Car on ignore souvent les processus qui se déroulent dans le sol et les racines parce qu’il est difficile de les étudier directement, mais ils sont cruciaux pour évaluer le fonctionnement des arbres. »

ode à la vie VI

Les facteurs les plus critiques observés par l’équipe de chercheurs, sont les dépôts trop importants d’azote et de potassium amenés par les pluies ce qui viennent à modifier l’activité biologique de ces champignons, du fait de leur concentration trop élevées. Ainsi, cela n’agit plus comme un bénéfice pour la plante mais bien au contraire comme une pollution ( une sorte d’intoxication, du fait de la concentration trop importante de ces éléments) ; ainsi que des modifications de pH, et de la température de l’air.

Ainsi, dans nos jardins, il faut protéger le sol, les végétaux par des couverts organiques, pour limiter cette diminution de l’activité microbienne, déjà impacter par la pollution, et ne devrait pas être en plus impacté par de mauvaises pratiques au jardin.

Retrouver ici, l’article sur Le Paillage

Il est important que dans nos jardins, nous ayons une réflexion sur les arbres, car trop peu planté, ou de suite élaguer arrivé à une certaine hauteur… hélas je le regrette.

Retrouver ici, l’article sur L’ARBRE

Il est essentiel de planter des arbres de nos contrées et d’éviter au maximum de planter des arbres à fort potentiel prolifique, tel que les chênes verts (Quercus ilex), ou bien des arbres persistants, tel que le Magnolia grandiflora ; qui au niveau faune et flore local, ne joue pas un rôle très important.

Planter à volonté, des Bouleaux, Aulnes, Hêtres, Châtaigniers, Pins …

Le Paillage

1. Définition :

Définition tiré de « le petit livre du paillage et de la permaculture » de Catherine Delvaux, édition Larousse :

L’étymologie du mot « paillis » est claire : un paillis, est une couverture de paille. Le sens a ensuite dérivé et « paillis » désigne toute couverture de la terre, mise en place par le jardinier.

2. La Nature du Paillage :

Il peut être de différente nature : Organique ou minérale. Bien entendu, il faut privilégier le paillis organique pour la vie de son sol.

a) Les paillis minéraux :

Ce sont les graviers, schistes, ardoises, briques pillées, pouzzolane, grave … Ils sont utilisés dans les jardins minérals (japonais, alpins aromatiques …) ; ce sont des matériaux pérenne, qui dure dans le temps. L’utilisation de ces matériaux nécessite d’être toujours entretenu, ou traité. Ce qui, à mon sens, dans un jardin vivant n’a que peu de place, du fait, de l’entretien régulier que cela apporte.

 

b) Les paillis organiques :

Ce qui correspond à de la matière organique, sont ce qui nourrissent la vie du sol – faune épigée / anécique / endogée – grâce à la décomposition de la matière organique ; ce sont des paillis de type paille, feuilles mortes, gazon sec, branches broyées … En procédant ainsi, on limite les déchets verts, et le jardin retrouvera un cycle fermé, rien ne sort du jardin tout y est recyclé !

On apprend, aujourd’hui, à faire des jardins « propre », où y est retiré toutes feuilles mortes, alors que ce sont elles qui apportent l’équilibre dans le jardin, et donc la vie.
Si on les retire, on rend donc le sol stérile de toute vie !

Un jardin doit être un ensemble équilibré et cyclique. Tout déséquilibre apporte son lot de malheur, tel que des insectes ravageurs ou champignons détruisant à petit feu les arbustes ou arbres.
Un ensemble équilibré fera que la réponse au problème se trouve dans l’ensemble lui-même, et ne nécessitera pas d’intervention humaine.
Un ensemble cyclique fera que rien ne sortira de l’ensemble et que tout sera recyclé, et servira à l’ensemble.

Le bois en se décomposant libère du carbone, et les tontes de gazons / herbes libèrent de l’azote. Le sol doit avoir un rapport carbone / azote équilibré, comme cela a été déjà expliqué dans l’article Le Sol Partie 1 .

Le paillage libérant du carbone :

Le paillage libérant de l’azote :

 

3. Pourquoi et quoi pailler ?

Il est important de comprendre que c’est en partie pour la vie du sol qu’il est important de pailler avec du paillage organique. Car en plein été, sur de la terre nue la température peut vite monter jusqu’à 50°C alors que si elle est pailler cela reste vers 30°C. Donc pour les insectes, vers, cloportes, il est essentiel de gardé une température convenable pour éviter de les voir disparaître. Ainsi le travail du sol est réalisé par cette faune, plus besoin de biner ou de bêcher la terre.
De part, le couvert végétal, cela empêche l’évaporation de l’eau lors des grandes sécheresses, et empêche le gel de détruire les racines des végétaux en hiver.
De plus, les graines des adventices (mauvaises herbes) n’ayant pas accès à la lumière, ne peuvent pas germer, ce qui une fois de plus montre les atouts positifs du paillage organique.

 

Tous les endroits du jardin sont bons à pailler ! que cela soit aux pieds des haies, dans les massifs de vivaces, massifs d’arbustes, massifs de rosiers.  Il est judicieux de penser à pailler ses allées, d’une pour avoir les pieds aux secs mais aussi si les allées en herbes demande trop d’entretien.
Il est déconseillé de mettre du paillage organique, aux pieds des plantes de climat méditerranéenne, ainsi que les plantes de rocailles, car préférant avoir les racines chauffées par le soleil. (Important, se référer au Lexique Végétal)

 

4. Comment pailler ?

Il y a quelques règles à appliquer lorsqu’on paille son jardin pour la première fois. Il est important de désherber l’endroit que l’on souhaite pailler car les plantes non voulu à racines pivotantes (pissenlit, chardon, …) et celle avec des stolons (fraisiers, renoncule, …) car elles traverseraient aisément le paillage organique. Il faut épandre une bonne épaisseur, par exemple pour le BRF (bois raméal fragmenté) 10 cm est conseiller alors que pour les feuilles une épaisseur de 20 cm sera nécessaire. Et, il est essentiel de ne pas piétiner son paillage, car les micro-organismes auront aérés le sol, donc à cas de piétinement leur travail sera entièrement détruit …

 

Source : Lydia et Claude Bourgignon, Manifeste pour une agriculture durable.
Catherine Delvaux, Le petit livre du Paillage et de la Permaculture.

 

Evolution Naturel dans Le Temps

  • Il est essentiel de comprendre comment fonctionne la Nature dans le temps.
  • Quels sont les différentes étapes qui se mettent en place ?
  • Pourquoi il existe toujours très peu d’ensemble (espace) vide naturel ?
  • Quels sont les éléments essentiels à la « première installation » des plantes ?

Les différentes strates :

Créer des ensembles vides (minéral / gazon) nécessite un entretien constant pour rompre l’installation des herbes pour le premier ensemble et des arbustes pour le second ensemble.

Les graines vont germer dans ces ensembles vides, et créer des ensembles équilibrés par la dégradation des nouveaux éléments germés, et ainsi créer de l’humus pour permettre l’implantation de nouvelles espèces végétales tels que des arbres arbustes.

La dégradation des herbes, petits arbustes s’effectue dans une échelle de temps court (6 mois à 1 ans). Car les caducs (végétaux perdant leurs feuilles d’une année sur l’autre) sont plus « mou » et sont ainsi dégradés lors de leur chute au sol ; grâce à notre faune du sol qui mangent et digèrent ce type de bois pauvre en lignine (comparé aux végétaux persistant) cela créer donc le cycle de dégradation de la Matière organique.

https://ojardinconseil.com/2018/08/28/le-sol-partie-1/

On voit donc plusieurs strates se créer naturellement :

  1. Strate rocheuse
  2. Strate herbacée
  3. Strate arbustive
  4. Strate arborée

C’est donc avec ces différentes strates qu’il faut jouer dans les jardins.

Il existe donc très peu d’espaces vides en pleine nature, sauf catastrophes naturelles. La Nature tend à couvrir tous les milieux. Les plantes, entre elles, développent des techniques pour vivre et survivre dans les milieux ouvert : c’est une lutte entre chaque espèce végétal et sont sans pitié pour assurer leur survie.

Extrait de la Vie secrète des arbres de Peter Wollenberg :

« Si le système [forêt] ne s’effondre pas, cela tient uniquement au jeu de mécanisme qui limitent les excès. Le groupe [végétaux] qui est trop avide, qui prend trop sans offrir en contre partie, se condamne à l’extinction par destruction de ses moyens d’existence »

La forêt-Jardin, lieu de l’équilibre :

Une forêt-jardin, est donc l’ensemble qui est présenter comme le plus équilibré. Où les végétaux s’auto-régularisent entre eux.

Définition d’une forêt-Jardin :

« Une forêt jardin est un jardin créé selon le modèle de la forêt naturelle. Elle est composée de différents étages de végétation, appelé strates, avec des grands arbres, arbustes ou arbrisseaux, de buissons et de plantes herbacées.

C’est un système auto-suffisant, durable et varié. Il nécessite peu de travail et présente des bénéfices environnementaux et sociétales. »

Les éléments essentiels :

Trois éléments sont primordiaux à la survie de ce jardin :

  • Lumière
  • Eau
  • Humus

Les grands arbres vont stabilisés ces trois éléments. Ils vont utilisés 97% de la lumière du soleil pour leurs propres intérêts. Pomper et retenir l’eau. Créer de l’humus grâce à leur bois mort, feuilles mortes. Et cela est seulement possible grâce à une vie dans le sol (champignons / bactéries / faune épigée – anécique – endogée).

https://ojardinconseil.com/2018/09/19/le-sol-partie-2/

Ô Jardin, une ode à la vie dans votre jardin.

Champignon-Hallucinogène

L’idée que je veux porter se veut nouvelle dans le domaine du paysage. Je vais donc détailler ma ligne de pensée dans les paragraphes suivants.

Le jardin dans lequel je veux avoir une action est, non pas sur le jardin en lui-même, mais sur vous et les méthodes non appropriées à la vie.

Je veux avoir une réflexion sur son espace (ouvert ou fermé) avant toute action ; action justifiée ou non pour ne pas entacher la vie déjà présente. Il est grand temps de changer notre manière d’entretenir le jardin. Non plus vouloir contrôler la nature, mais l’aider à rentrer et perdurer dans le jardin tellement figé ! Le jardin figé, est le jardin que nous côtoyons tous les jours. Un jardin à la française puissance 1000 ! Aucune feuille morte, aucune « mauvais herbes ». Tout y est stoïc, inchangé d’année en année. Les plantes à fleurs, une fois fleuries, sont rabattues pour en faire des nouvelles, sans se préoccuper du bien-être de la plante ; où les réponses de celle-ci sont trop lente (trop lent pour l’Homme, qui préfère l’asperger de produits bons marchés alors jusqu’à fatiguer la plante). Une plante normalement constituée sait se débrouiller toute seule et lutte pour sa vie. Dans le jardin figé, les plantes luttent pour leur survie ! De saison en saison, le jardin ne bouge pas selon vos souhaits. La nature se trouve privée de ses droits.

Je propose de travailler avec la nature et non contre, pour y favoriser la biodiversité au jardin. Il faudra avoir une autre vision que les jardins actuellement figés. Il faudra donc balayer la culture du propre au jardin. L’équilibre naturel fera que le jardin sera « propre », dirons-nous plutôt soignée (dans tous les sens du terme). Aucune herbes n’ont voulu ne pousseront à l’endroit où l’homme ne veut la voir en utilisant de nouvelles techniques !

Laissez donc entrer la nature, le Naturel, un sauvage dans votre jardin. La notion de sauvage est plus qu’intéressante, car l’homme aime la maîtrise et est rassuré par ce qu’il connaît. Or l’Homme ne connaît plus la nature. Il veut la rendre domestique et lui donner une image ordonnée et figée ; sur laquelle il aura le contrôle !

L’idée est simple, il faut recentrer et lier ensemble l’Homme et la Nature dans une symbiose. Pour cela il faut donc savoir comment fonctionne la nature : les plantes / le sol / la faune. Au travers mes articles, j’apporterai des conseils en passant par des nouvelles techniques, qui autrefois été appliquées dans les jardins de nos arrières grands parents. En respectant ainsi l’homme et la nature. En travaillant ainsi, j’espère faire changer les mentalités sur le vivant en ayant non plus une vision domestique de la nature mais une vision de contemplation, de beauté, de sérénité.

Damien Cosquer